La Chambre du Pape est située
au coeur de la Tour des Anges, entre la Chambre du Camérier
et le Trésor Haut, qui contient une partie du trésor
et la Bibliothèque.
Cette chambre est divisée par des cloisons mobiles.
En général,
le pape y dort avec les cubiculaires, qui
assurent son service. Il peut également y donner des audiences
particulières. La salle est ventilée par une ouverture
en hauteur, près de la cheminée d'angle, et éclairée
par deux fenêtres qui sont simplement garnies de toiles enduites
de cire, tendues sur des châssis de bois, parfois peintes de
motifs décoratifs. Les comptes qui mentionnent à plusieurs
reprises des paiements à des peintres verriers, se rapportent
uniquement aux chapelles et aux salles affectées aux cérémonies.
Les meubles datent de la fin du 14e et du 16e
siècle et ne proviennent pas du palais.
Sous Clément VII,
la salle est meublée d'un lit à courtines
de velours cramoisi et de taffetas émeraude, d'une chaire,
d'une table, d'escabeaux et de plusieurs coffres disposés le long
des parois, renfermant le linge à l'usage du pontife. Les papes
aimant beaucoup les oiseaux, on trouve parfois
dans leur chambre des rossignols en cage. Au-dessous du plafond, dont
seules quatre poutres sont d'origine, court une frise en quadrilobes,
aux motifs illisibles.
Aux murs, sur un fond bleu, s'entrelacent d'amples rinceaux de vigne et de chêne, parsemés d'oiseaux
et d'écureuils.
C'est peut-être entre 1336 et 1337
que ces décors ont été exécutés. Mais
la datation et l'attribution de ces peintures sont controversées.
On peut émettre l'hypothèse qu'une partie des décors
a été exécutée par un atelier français
dirigé par Jean d'Albon. En effet, l'espace
pictural abstrait et l'absence d'effet de perspective se rattachent à
la tradition française.
Par contre, le registre supérieur des murs et surtout les motifs
des ébrasements de fenêtres, exécutés non pas
schématiquement mais vus en perspective dans un espace réel,
sont de tradition italienne.
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suite : la salle de Jésus