YAN PEI-MING - TIGRES & VAUTOURS

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EXPOSITION
19 mai 2021 > 31 janvier 2022
10h à 17h
10h à 18h en juillet + août
Grande Chapelle du Palais des Papes
Exposition incluse dans le billet d'entrée monument
T. 04 32 74 32 74
La double exposition de Yan Pei Ming dans la Grande Chapelle du Palais des Papes et à la Collection Lambert, s’inscrit dans la longue histoire des expositions organisées avec le palais pontifical, dont certaines menées en étroite collaboration avec le musée qui abrite la collection d’art contemporain d’Yvon Lambert depuis vingt ans.

De Picasso (1970 et 1973) à la Beauté in Fabula (2000), de Douglas Gordon (2008) à Miquel Barcelo (2010) ou aux cinq papesses de l’art contemporain que sont Camille Claudel, Louise Bourgeois, Kiki Smith, Jana Sterbak et Berlinde De Bruyckere (2013), la liste est longue et prestigieuse des artistes et des œuvres qui ont habité le temps d’une exposition ce joyau de l’architecture gothique.

PEINTRE D’HISTOIRE ET D’HISTOIRES

Initiée en 2016, cette ambitieuse exposition voit le jour 5 ans après sous le commissariat général d’Henri Loyrette, auquel ont été associés Dominique Vingtain, conservatrice du Palais des Papes, et Stéphane Ibars, directeur artistique délégué de la Collection Lambert.
Nombreux sont les projets menés par l’artiste ces dernières années à avoir été étroitement associés à un lieu emblématique et aux œuvres de certains des artistes parmi les plus illustres. À la Villa Médicis, au Louvre, , au Musée d’Orsay, au Musée Courbet ou au Musée du Petit Palais, Yan Pei-Ming a réactivé des mémoires, des gestes, des histoires ; il s’est confronté à des figures tutélaires, en a déplacé la puissance picturale ici et maintenant pour regarder le monde avec davantage d’acuité, en ausculter les moindres soubresauts, inscrivant par là même sa peinture dans la lignée de ceux qui ont représenté l’histoire en mouvement.
Aujourd’hui encore, à travers cette nouvelle exposition, Ming révèle toute l’ambition d’une œuvre pleinement ancrée dans le monde contemporain, mais dont l’essence même se révèle à travers une appréhension très large de l’espace et du temps, qui mobilise aujourd’hui le passé pour que nous regardions le présent avec une conscience renouvelée, sans cesse mise à l’épreuve.

Pour la Grande Chapelle du Palais des Papes, l’artiste a réalisé trois œuvres monumentales qui éprouvent toute la dramaturgie de l’histoire complexe de la présence des papes en Avignon au Moyen-Âge et résonnent avec le monde tel que nous le vivons aujourd’hui. Sur le mur Ouest est installé un autoportrait en trois personnes. Au centre, l’artiste y est replié et méditatif dans sa soutane blanche sur un fauteuil-trône qui pourrait être celui du pape Innocent X, quand de chaque côté il est figuré en tenue de tous les jours, tel qu’en lui-même, l’air dubitatif, ou farouche, ou mauvais – on ne sait trop. Installée au-dessus de l’hôtel, une crucifixion incorpore son portrait à la figure du Christ souffrant, dont le regard tombant entraine finalement le spectateur vers bas sur le mur sud de la grande chapelle et l’immense paysage de l’Exode peuplée de chauves-souris qui rappellent de manière saisissante ces bestiaires du Moyen-Âge en même temps qu’elle convoque avec fracas l’histoire des grandes migrations.

Dans l’exposition présentée à la Collection Lambert, sont exposées près de 140 oeuvres issues de près de 40 ans de carrière. Les figures d’Innocent X, Paul III, Bruce Lee, Che Guevara, Marilyn, Martin Luther King, Lee Harvey Oswald, John F. Kennedy ou Mao, partagent les salles du rez-de-chaussée des Hôtel particulier du 18e siècle avec les portraits d’hommes et de femmes — militaires américains, clandestins et enfants soudanais, prostituées, visages inconnus, père et mère de l’artiste —, ainsi qu’avec des paysages imaginaires d’exode ou les représentations d’animaux sauvages, tigres et vautours.
Toutes et tous nous racontent le pouvoir qu’à la peinture de Ming d’embrasser d’un seul coup des siècles d’histoire pour y embarquer, aux côtés des figures qui ont façonné le monde, les destins inconnus de ceux qui constituent ces peuples que l’histoire “regarde directement” pour reprendre la formule de Georges Didi-Huberman.
Tous et toutes nous racontent la capacité de l’artiste à investir avec héroïsme le monde des images ; celles qui nous racontent, tous et un par un.

BIOGRAPHIE
Le peintre Yan Pei-Ming est né à Shanghai en 1960 et arrive en France à l’âge de dix-neuf ans. Diplômé en 1986 de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Dijon, il rencontre très vite le succès avec ses peintures centrées sur le genre du portrait. Ses tableaux de facture vigoureuse et inventive se caractérisent par l’uniformité du coloris, de grands tracés blancs, noirs, gris, où s’insinuent ici et là de larges touches rouge foncé. Il est surtout célèbre pour ses imposants portraits quasi monochromes, les plus connus représentant Mao Zedong, Bruce Lee ou Barack Obama.
Sa participation remarquée à la Biennale de Venise en 2003 l’a consacré sur la scène internationale. Six ans après, le Musée du Louvre l’accueillait pour une confrontation avec La Joconde déclinée dans une suite de tableaux intitulée Les Funérailles de Mona Lisa. En 2016, Yan Pei-Ming réalisait des œuvres spécifiquement pour la Villa Médicis rendant hommage à la ville de Rome. Plus récemment, fin 2019, il célébrait au Petit Palais et au Musée d’Orsay, le bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet à travers deux expositions magistrales. Une exposition « Au nom du père » lui est actuellement consacrée au Musée Unterlinden à Colmar.
L’artiste vit et travaille à Dijon et Ivry-sur-Seine.
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VOIR AUSSI / YAN PEI MING - TIGRE & DRAGONS
> A la Collection Lambert du 26 juin au 26 septembre 2021
> http://collectionlambert.com